TROIS DIMENSIONS DE L’ÉDUCATION
L’éducation chez les Sénoufo repose essentiellement sur trois dimensions, à savoir :
DE L’ALLAITEMENT À LA PUBERTÉ
La durée de l’allaitement varie de 15 à 24 mois. Elle est aussi soumise à l’état de santé de la maman. Pendant cette période, la croissance de l’enfant est assurée par le lait maternel et la médication indiquée par les vieilles expérimentées (grand-mère, guérisseurs, etc..). Au fur et à mesure que les signes de croissance se multiplient, la maman prépare le sevrage de l’enfant en variant son alimentation et en l’initiant à l’autonomie personnelle (la parole, le déplacement,…). L’enfant passe plus de temps avec ses aînés.
INITIATION AU « PORO »
L’initiation est un rite qui intègre l’individu à la catégorie de la classe adulte. Pour le garçon sénoufo qui souhaite devenir un homme mûr dans la société, le « poro » est obligatoire ; mais il varie selon les aires culturelles. En général, il se déroule en 3 cycles de 7 ans caractérisés par des séjours dans le bois sacré. Durant ces séjours, ils ne portent comme vêtement qu’un cache-sexe. Les membres d’une même promotion initiatique apprennent ensemble l’histoire de leur village, l’art de vivre, l’art de gouverner, la pharmacopée, la fabrication des instruments et les exercices qui servent à développer l’endurance. Ils forment une milice pour la défense de la société. Le poro est une sorte de contrat social établi entre la société et l’individu. Grâce à ce contrat, l’individu fait un passage d’un état « présocial » à la « nature humaine ». C’est une sorte d’université où un membre de la société sénoufo reçoit l’illumination qui le transforme de son animalité à l’état d’homme. De nos jours, au contact du modernisme, le poro est devenu quasi inexistant et dénué de son caractère sacré, le réduisant ainsi au simple folklore.
D’après Roland Colin, le poro était le système unificateur le plus complet qui assurait l’ordre social entre les générations, entre les sexes, entre les humains et les génies. C’était le centre de tout autre rituel. Selon Holas Bohumil, le rôle du poro était la formation technique et philosophique des citoyens pour qu’ils soient dignes d’un ordre social fondé sur certaines valeurs.
LA GRANDEUR DU CALAO
Chez les Sénoufo, le Grand (Zhigban / Zhigbannawo en langue sénoufo) est un oiseau sacré. On ne le tue pas. Il symbolise la fécondité, la sagesse et la sécurité. C’est aussi un oiseau de bon augure. Le voir en début d’hivernage, présage une bonne récolte. Dans le bois sacré, la statue du calao est considérée comme symbole de l’éducation. Chaque partie du calao constitue un ccreuset d’enseignement pour les jeunes initiés.
