Que faire face à ce fléau du Coronavirus, aussi connu comme le Covid-19, pour lequel on ne trouve ni solution ni terrain de négociation? Démissionner et se laisser faire? Chercher le coupable ou l'élément expiatoire? Le Centre Culturel Senoufo dit "non" à tout cela et nous propose "la poésie". Car, en effet, la culture d'antan employait la poésie pour décanter des situations semblablement sans issu. Vous trouverai ici une série des poèmes : Credo du Coronavirus; Oh mon Afrique, réveille-toi; Malédiction au Coronavirus et Du "Coronavirus" au "Corona vaincu" Tous sont provoqués par la pandémie.

Sikasso le 24 avril 2020, Père Bruno S

Credo du coronavirus

Quand cesseras-tu d’être incrédule Toi qui ne crois pas au coronavirus? Quand cesseras-tu d’être imprudent Toi qui cherches à tout braver? Quand cesseras-tu d’être sourd Toi qui refuses d’écouter ton prochain? Quand cesseras-tu d’être aveugle Toi qui refuses de voir? Quand cesseras-tu de fermer ton cœur ?

Si tu crois que coronavirus existe; Si tu crois qu’il est dangereux et contagieux; Si tu crois qu’à travers le monde Il ravage des vies humaines par milliers; Si tu crois qu’il ne tolère ni vieux ni enfants; Si tu crois sans avoir vu de visu Et si tu ouvres bien ton cœur pour comprendre les conseils des agents de la santé; Et si tu exécutes les gestes barrières préconisés par l’OMS:

Lavant tes mains au savon ou au gel alcoolique, Asphyxiant tes éternuements dans le creux de ton coude, Portant autant que possible un masque sanitaire, Respectant le couvre-feu dicté par les autorités, Évitant de frôler ton visage avec des mains non stérilisées, de donner des accolades à tes prochains, de serrer des mains à tout vent, d’être trop proche de personnes à symptômes de rhume banal ou d'état grippal, de t’abstenir des voyages et des attroupements. Alors mon frère, tu auras sauvé de nombreuses vies humaines; Tu auras contribué mon frère à délivrer l’humanité d’un si grand fléau. Tu seras fier de toi-même et tu pourras te glorifier mon cher frère de n’avoir pas vécu inutile.

Elie Yaya Bamba (Centre Culturel Sénoufo de Sikasso)

Oh mon Afrique, réveille-toi !

Mon Afrique, Hier opprimée, spoliée, pillée. Hier couvert de préjugés. Hier reléguée dans " l'asile de la barbarie", Hier synonyme de malheur, de deuil, de sorcellerie. Hier selon la théorie de la table rase : On niait l'existence d'une raison, d'une culture, d'une histoire, d'une intelligence... Hélas, On réfutait l'évidence ! Les chefs-d’œuvre de tes artistes, artisans, sculpteurs, Ont été attribués à des personnes des pays dits "civilisés".

Aujourd'hui, nous vivons encore sous le trauma des affres de la colonisation. Après un demi-siècle, l'Afrique balbutie toujours. La férule du colonisateur est toujours présente sous d'autres formes. Nos ressources minières sont devenues la vache laitière de nos bourreaux. Ils continuent à jouer les nounous, à jouer les sapeurs-pompiers. Trop d'enfants soldats ! Trop de chairs à canon ! Trop de lesbiennes ! Trop d'homosexuels ! Trop de mariages contre nature ! Trop d'impérialisme et de pièges. Aujourd'hui encore, pauvre Afrique !

Les résultats concluants de tes chercheurs, de tes scientifiques ne sont pas valables. Tu es toujours, un terrain d'essai, une espèce de cow-boys. C'est en Afrique que les essais cliniques des produits et vaccins se font. Il est temps que l'Afrique se réveille et prenne ses responsabilités. Car "l'esclave le plus parfait est celui qui n'est pas maître de son cerveau." 

Madou Diakité (DNAC - Bamako)

Malédictions au Coronavirus

Maudit sois-tu coronavirus fauteur de troubles et de chagrins, Venu dissiper la quiétude et la joie de mon peuple. Maudits sois-tu ô toi coronavirus source de maladies et de morts,  Venu ravir la vie des vaillants de mon peuple. Maudit sois-tu coronavirus Monstre invisible qui décime nos continents Laissant pleurer orphelins veuves et veufs.  Maudit sois-tu coronavirus Toi qui viens ternir l’image de mon peuple et détruire l’humanité. Maudit sois tu coronavirus qui provoques disettes et anxiété à travers le monde. Maudit sois-tu coronavirus contre qui de jour comme de nuit  luttent farouchement mon peuple dans l’espoir d’emporter un jour la victoire. Maudit sois-tu coronavirus ô toi destiné à être éradiqué, viré dans l’oubliette par l’effet de gestes barrières désormais en vigueur.  Maudit sois-tu coronavirus ô toi qui crains du savon gel alcoolique, masques et intervalles de sécurité -  armes de combat de mon peuple. À bas coronavirus ennemi commun de l’humanité ! Vive l’humanité !

Elie Yaya Bamba (Centre Culturel Sénoufo de Sikasso)

Du « coronavirus » au « corona vaincu »

Sous les pleurs de l’humanité dans l’immense cortège de malheurs et de privations, Je ne me résignerai point devant toi coronavirus. De l’orient à l’occident,  du septentrion au midi,  À l’aveuglette tu dérobes, Tu dérobes la vie des hommes; Les hommes de notre monde,  Le monde de notre Dieu, Le Dieu de l’univers. Par-dessus montagnes et collines, Par-delà mers et océans Tu voles; Tu voles de tes immenses ailes ténébreuses, Tu piques de tes piquants empoisonnés.

Mais saches bien coronavirus: Que l’humanité depuis ses origines rumine de rancœur contre toi. Sous ton fléau Elle demeure toujours flexible et souple, Et le sort réservé pour toi demeure certain.  Car tu n’éprouves aucune pitié devant notre faiblesse; Tu n’as pas pitié du nouveau-né, Tu n’as pas pitié du vieillard; De l’adolescent à l’adulte, Tu n’éprouves aucune pitié. 

Oui bientôt le jour viendra Où tout sera plus beau; Le temps viendra où tout refleurira Et encore une nuit pourra être une nuit Et un jour tout au plus.  Et toi Coronavirus Tu ne seras ni corona ni virus Ni covid ni dix-neuf (19) Ni nouveau ni ancien, Mais Corona vaincu ! Car tous les humains auraient mis en pratique les conseils sanitaires prodigués par l’OMS contre toi : Se laver fréquemment les mains à l’eau et au gel alcoolique, Porter des masques autant que possible, Eviter d’approcher des personnes à rhume banal ou en état grippal, Eternuer dans le creux de son coude, Observer un intervalle d’au moins un mètre entre soi et son prochain et Eviter les attroupements.

Elie Yaya Bamba (Centre Culturel Sénoufo de Sikasso)