Le mardi 17 avril 2018 fut une journée de réflexion sur la promotion et la sauvegarde du Cicaara, un instrument de prédilection sénoufo en voie de disparition. Cette journée qui a rassemblé plus de cent trente (130) femmes joueuses du Cicaara venant de seize Communes de la région de Sikasso a eu lieu au Centre Culturel Sénoufo (CRSPCS). Le chef du cabinet du Gouverneur de la région de Sikasso a donné le coup d’envoi à la cérémonie. Présents étaient aussi des nombreux officiers des services étatiques et privés. Des artistes locaux tels que l’icône du balafon Souleymane Traoré (couramment connu comme Neba Solo) s’étaient rassemblés autour d’une joueuse du Cicaara d’une renommée montante, Namisseni Sanogo. Le nombre et l’application des participants aux activités de la journée étaient une preuve que le Cicaara occupe toujours une place de choix dans l’identité culturelle des sénoufos.

Cet instrument est d’office lié aux pratiques initiatiques de la femme traditionnelle sénoufo. Encore aujourd’hui dans certains villages, le Cicaara accompagne les cultivateurs pour les galvaniser, les inciter au travail bien fait et à la bravoure. Cependant, la modernisation galopante, les mutations sociales, la mécanisation de l’agriculture menacent de faire disparaitre ce trésor artistique et culturel.

Sénoufo en partenariat avec la Direction Régionale de la Culture a joué pleinement son rôle en soutenant de façon inconditionnelle madame Namisseni, une virtuose du Cicaara qui hiberne encore dans l’anonymat. La journée a été financièrement appuyé par la bonne volonté de Monsieur Adama Ballo et Madame Aramata Bagayogo, respectivement parrain et marraine de la cérémonie.

Le Centre Sénoufo continue de s’affirmer comme un lieu de recherche et de revalorisation des pans de la culture autochtone en voie de disparition. Cette année, le Centre se penche davantage sur les rites agraires en lien avec le symbole emblématique du Mali, le Ciwara.

Pour cette cause, l’équipe de recherche du Centre composée de Messieurs l’abbé Edouard Coulibaly, Yaya E. Bamba, Madou Diakité et le père Bruno Ssennyondo a parcouru des villages de Sikasso et ses alentours, les régions de Ségou et le district de Bamako pour recueillir les données historiques et culturelles auprès des personnes ressources de toutes catégories. Le Centre reste très reconnaissant envers toutes ces personnes qui le font confiance et acceptent de lui confier leurs connaissances précieuses.

En effet, plus on se met à la recherche de ce genre, plus on se rend compte du vide et manque grandissants chez l’homme d’aujourd’hui sur plusieurs sujets que l’homme d’hier maitrisait facilement. D’où l’importance de se jeter dans le bain le plutôt possible avant que les derniers dépositaires de ces connaissances ne disparaissent.

Le Centre reste fidèle aux animations socioculturelles au Centre même comme à l’extérieur. C’était le cas le vendredi 23 mars 2018 quand le Centre a accueilli pour toute la journée une centaine d’enfant entre 6 et 9 ans en provenance de l’école Lumière de Sikasso dans le quartier de Hamdallaye.

Les activités menées par l’équipe du Centre avec ces enfants tournaient autour de trois volets : 

- L’éveil à la connaissance et utilité des anciens objets de la culture, 

- La tradition orale africaine (contes et devinettes sénoufo) 

- Séances des dessins à partir des objets du Centre. 

Le Centre a été émerveillé par le bon niveau des enfants de cette école qui s’exprimaient aisément en français.

Diaporama de quelques photos : 

Fidèle à sa mission du dialogue interreligieux et interculturel, pour la troisième année consécutive, l’Institut de Formation Islamo-Chrétienne (IFIC) de Bamako a effectué un voyage d’étude à Sikasso, la 3e région du Mali. Cette équipe pluridisciplinaire était composée de 12 personnes (dont deux professeurs), venues de différents pays, notamment, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigeria, la République Centre-Africaine et l’Italie. Au cours de leur séjour qui a duré cinq jours, plusieurs activités ont été menées. Dans le but d’une connaissance mutuelle, des rencontres d’échange avec les différentes communautés religieuses de Sikasso ont organisées.

Nous signalons tout particulièrement les rencontres avec les responsables de :

- L’Antenne Régionale du Haut-Conseil Islamique de Sikasso,

- La Grande mosquée de Fama 

- Les Responsables de la Communauté Evangélique protestante de Sikasso, 

- L’Evêché de Sikasso, chez Monseigneur Jean-Baptiste Tiama, 

- Le Presbytère de la Paroisse Catholique (Cathédrale) de Sikasso, 

Il était aussi question d’approfondir la connaissance de la religion traditionnelle africaine (RTA). C’est dans ce cadre que l’IFIC a bénéficié de : 

- L’exposé sur un pan de la tradition orale africaine en l’occurrence les contes et les devinettes. 

- La visite du Vestibule des Traoré, pour y rencontre les notables coutumiers 

- La Visite du musée du Centre Culturel Sénoufo (CRSPCS). 

Le séjour de l’IFIC au Centre Culturel Sénoufo comprenait aussi un temps de détente et de découvertes de Sikasso et ses alentours. Ici, nous retenons surtout : 

- Exposés sur l’Histoire du royaume du Kénédougou et sa capitale de Sikasso, 

- La visite de courtoisie des notables politiques à la Mairie Urbaine de Sikasso, 

- La visite du Palais de Kèlètigui, Général de guerre de Tiéba roi de Sikasso, 

- La visite aux chutes de Woroni à 60 kms de Sikasso, et 

- Les visites à d’autres sites touristiques comme les portes du Soudan, les monuments de deux assaillants : Samory Touré et Nankafali, son général de guerre. 

L’Équipe de l’IFIC est retournée à Bamako, satisfaite de son séjour à Sikasso, et plus particulièrement frappée par l’esprit fraternel avec lequel les différents groupes religieux, coutumiers et politiques les ont reçus. C’était des rencontres nourries par des attitudes sans lesquelles le dialogue interreligieux ne peut être porteur de fruits, à savoir l’ouverture et la franchisse des interlocuteurs. 

Nous disons merci à l’IFIC non seulement pour son intérêt et engagement pour l’entente entre tous les croyants, mais aussi pour la confiance faite au Centre Sénoufo de Sikasso. Merci aussi à l’équipe du Centre Sénoufo et ses collaborateurs qui n’ont ménagé aucun effort pour assurer un agréable séjour à nos fidèles partenaires. 

Sur l'initiative de la commission paroissiale de l'enseignement, toute la matinée du 24 février 2018, était spécialement dédiée aux enseignants de la mission catholique de Sikasso et leurs partenaires.

C'était une réflexion sur le rôle de la famille et de l'école dans l'éducation des enfants. Les animateurs furent Mr Madou Diakité et l'abbé Edouard Coulibaly. Le Père Bruno en était le modérateur.

En plus du corps professoral de la mission catholique de Sikasso à savoir le Jardin d'enfants, 1er Cycles A et B, le 2nd Cycle et St Jean-Bosco, la direction régionale de la culture était bien présentée.

Du 28 au 30 janvier 2018, c’était au pays des hommes intègres d’accueillir le Centre Sénoufo et sa jeune troupe Miiriya de Sikasso composée des élèves du lycée Solidarité Enfance. Cette tournée pédagogique et culturelle a eu lieu à Bobo Dioulasso, au sud du Burkina Faso. La première partie consistait en deux thèmes pédagogiques et culturels finement exposés et débattus. L’exposé concernait particulièrement la tradition orale africaine avec l’accent mis sur les devinettes et les mécanismes traditionnels de prévention et règlement de conflits avec le cas spécifique des « Kôrèdugaw » en milieu sénoufo. La deuxième partie était une pièce théâtrale dénonçant les maux de l’immigration clandestine. A peine sortis de la mésaventure qui a longuement frappé toute la sous-région (la grève scolaire), quatre établissements scolaires n’ont ménagé aucun effort pour accueillir le groupe sikassois avec lequel ils partagent beaucoup en commun non seulement au plan géographique et historique, mais aussi culturel. Il s’agit du Lycée Technique Marie Adélaïde Cice, le Lycée Ouenze Coulibaly (LOC), le Collège Tounouma Garçons et le Centre Badenya du secteur 25. Cette fraternité dont on a bénéficié restera gravée en lettre d’or dans les cœurs de ces jeunes scolaires sikassois et de tous les amis et collaborateurs du Centre Sénoufo. Un grand merci à la société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) qui ont financièrement soutenu cette œuvre au profit de la jeunesse de la sous-région.

L'équipe du Centre Sénoufo de Sikasso en compagnie de sa jeune troupe théâtrale a vécu un moment inoubliable dans la ville ivoirienne de Korhogo. Cette visite avait pour objet un échange culturel entre la jeunesse malienne et ivoirienne. Ces journées culturelles étaient colorées par des animations thématiques (sur les mécanismes traditionnels de prévention et de règlement des conflits) par l'équipe du Centre et une pièce théâtrale dénonçant l'immigration clandestine assurée par la troupe Miiriya qui est composée de deux lycées sikassois: Solidarité Enfance et Mgr De Montclos. C'était aussi une occasion de découvrir la ville culturelle de Korhogo et de fraterniser les uns avec les autres.

Le mois de janvier 2018 sera consacré aux animations culturelles en deux pays voisins: la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le Centre Senoufo accompagné d’une troupe théâtrale dénommée ‘Miiriya’ (en image - au cours d’une répétition) qui est composée des élèves se rendront à Korhogo et à Bobo Dioulasso pour un échange culturel avec la jeunesse des pays hôtes sur l’immigration et les mécanismes traditionnels de prévention et règlements des conflits.

Animations thématiques dédiées aux établissements scolaires sous l’égide du : Centre Culturel Sénoufo.

Avant que le temps jaloux ne réduise en poussière les valeurs traditionnelles de nos terroirs, l’équipe pluridisciplinaire du Centre Sénoufo propose des animations pédagogiques en vue de : 

-  Sauvegarder et promouvoir les valeurs de notre patrimoine culturel ; 
 

-  Partager ses expériences avec les jeunes générations ; 
 

-  Transmettre ses connaissances sur l’histoire locale et la tradition orale. 
PLUS

De quoi s’agissait-il ?

Un week-end de réflexion et de sensibilisation à Sikasso sur le phénomène de l’immigration sous l’égide de l’association culturelle ACTE-SEPT, la Direction Régional de la Culture, le Centre Sénoufo et le Centre Saint Jean-Bosco. 

Table-ronde radiophonique 

A eu lieu à partir de 9H du vendredi 24 novembre à la Radio ‘Voix des Jeunes’ un débat sur « les empreintes de la migration sur la culture et pratiques artistiques ». Y ont participé de nombreux passionnés de la culture telle que Adama Traoré (président d’ACTE-SEPT), Madou Diakité (chargé du patrimoine culturel à la direction régionale), Gaoussou Traoré, Mohamed Maiga etc. PLUS

Chaque objet du Centre Sénoufo, sera muni d'une description détaillée pour designer la fonction de l'objet et parfois sa signification culturelle. En plus, il sera possible de télécharger cette fiche en format .pdf. En voici un exemple ici

Moulin traditionnelN° d’Inventaire : CSS-2015-1-13 Nom de l’objet : Moulin traditionnel Appellation locale : Tiraga Groupe culturel ou ethnique : Minyanka Categorie : Objet domestique Materiaux : Pierre Dimensions : Hauteur : 14cm, Longueur : 37cm, Epaisseur : 24cm Description : Consiste en deux pierres polies et plates : l’une large et l’autre plus réduite et perpendiculairement placée sur la première. Fonction (utilisation) : Les femmes s’en servent pour moudre les céréales ou les pâtes alimentaires. Cette activité offre aux femmes un espace d’exprimer librement leurs sentiments. Elles animent cette activité par des chansons destinées a critiquer le mauvais comportement de leur mari ou de leur coépouse remplacant le nom de l’intéressé par celui d’un animal ou d’un oiseau. Le but de ces chansons est de pousser l’intéressé a se convertir a bon escient. Etat de conservation : Très bon Provenance : Koutiala Noms du fabricant/auteur : Inconnu Noms du collecteur : Pere Andreas Gopfert et Yaya E. Bamba Fiche établie : En 2015 par Yaya E. Bamba - fiche en pdf : http://senoufo.net/pdf/css-2015-1-13.pdf © Centre Sénoufo 2016

Sous la collection « Wu Niré », le Centre publie des livres sur des thèmes et sujets susceptibles à promouvoir la culture et la rencontre entre cultures et religions. Les œuvres réalisées ces trois dernières années sont : Le royaume du Kénédougou et sa capitale Sikasso (2014), Les contes sénoufo (2014), Les devinettes sénoufo (2015) et Les Korédugaw (bouffons) en milieu sénoufo (2015) et Des Monographies de quatre villages sénoufo en deux volumes (2016). Tous nos ouvrages sont diffusés à un public assez large, plus particulièrement au Mali, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et ailleurs. 
 Cette vidéo relate la présentation du livre "Le royaume du Kénédougou et sa capitale Sikasso" en 2014 à Bamako.

Le royaume du Kénédougou et sa capitale Sikasso (2014)

Le Centre expose des objets du milieu sénoufo et d’autres régions du Mali pour valoriser la diversité culturelle comme patrimoine nationale. 


Le Centre organise des expositions thématiques. 


Le Centre accueille quotidiennement des visiteurs. Le public est très varié. Il s’agit de: élèves et étudiants, adultes nationaux et internationaux, enseignants et chercheurs, des cortèges des nouveaux mariés, etc. 


Le Centre fait des animations dans les milieux scolaires sur les différents thèmes d’intérêt culturel. 


Le Centre collabore activement avec :

- La Direction Régionale de la Culture et l’OMATHO ;


- Des enseignants de l’art plastique et de l’histoire-géo ;

- Des artistes en leur offrant des salles pour pouvoir exposer leurs œuvres ;

- Des associations culturelles : griots, bouffons, chasseurs, etc. 


Le Centre participe aux activités culturelles qu’organisent les autorités de la région comme : le triangle du balafon, la journée nationale du patrimoine culturel, le théâtre des réalités, les séminaires et les conférences. 


Sous la collection « Wu Niré », le Centre publie des livres sur des thèmes et sujets susceptibles à promouvoir la culture et la rencontre entre cultures et religions. Les œuvres réalisées ces trois dernières années sont : Le royaume du Kénédougou et sa capitale Sikasso (2014), Les contes sénoufo (2014), Les devinettes sénoufo (2015) et Les Korédugaw (bouffons) en milieu sénoufo (2015) et Des Monographies de quatre villages sénoufo en deux volumes (2016). Tous nos ouvrages sont diffusés à un public assez large, plus particulièrement au Mali, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et ailleurs. 


 

Merci à tout et chacun pour votre intérêt envers le Centre Culturel Senoufo de Sikasso (CRSPCS). Votre amour pour ce Centre, vos conseils et vos remarques sont le noyau de son rayonnement. C'est ensemble que nous ferons de ce Centre une fierté pour la culture africaine: celle qui n'ignore jamais le fait que "SI NOUS SOMMES GRANDS, C'EST PARCE QUE NOUS SOMMES ASSIS SUR LES ÉPAULES DE NOS PRÉDÉCESSEURS". Sur ceux, je souhaite à tout le peuple malien une heureuse fête d'indépendance (du 22 septembre). Ma prière de ce jour est que tous, nous devenions davantage ce que nous confessons: Un Peuple, Un But, Une Foi.

Les étapes de la vie humaine en milieu Sénoufo.

IV – La mort

Dans le milieu sénoufo, la mort est l’ultime étape qui introduit l’homme dans la vraie vie : la vie de l’au-delà qui se passe avec les ancêtres. Le monde de l’au-delà n’est pas localisé avec précision ; ni au ciel qui est la demeure de Dieu, ni sur terre qui est l’espace pour les vivants mortels, ni sous terre qui est le lieu où reposent les morts. L’au-delà est simplement un monde tout autre différent du nôtre mais en interrelation avec celui-ci. Et c’est pour exprimer à la fois cette différence et cette interrelation que le sénoufo conçoit les choses de l’au-delà comme l’envers des choses d’ici-bas : les vivants marchent par l’avant et les morts par l’arrière ; les vivants parlent par la bouche et les morts par le nez ; pour mimer la vie d’un défunt, on porte ses habits à l’envers etc. Le sénoufo reste fasciné par ce monde dans lequel il est appelé à vivre ; toute sa vie est orientée vers le passage pour l’autre monde qui s’opère dans la mort et qui se réalise par les funérailles. SUITE

Les étapes de la vie humaine en milieu Sénoufo.

III – Le mariage

A – Les formes de mariage. Le mariage chez les sénoufo comme dans bien d’autres sociétés a plusieurs formes. Nous pouvons en distinguer 5 : la mise à part, le mariage honorifique, le mariage par amitié, le rapt et le lévirat.

1 – La mise à part.

Cette forme de mariage consiste à se réserver une fille dès son jeune âge ou même avant sa naissance. Le terme est pôrô et signifie apprivoiser, élever. Cela est différent des fiançailles car bien souvent le futur mari est indéterminé. Le chef de famille réserve la fille sans savoir à qui elle est destinée. Quand elle sera grande, il voit parmi ses enfants qui a besoin de se marier ou qui doit être marié. Il est à noter que dans le milieu sénoufo, c’est un devoir pour le père que de trouver une femme pour son fils. SUITE

Les étapes de la vie humaine en milieu Sénoufo.

II – La puberté

La puberté, qui est l’ensemble des transformations physiques et psy- chiques, se caractérise chez le jeune sénoufo comme chez tout autre jeune, par une maturation des organes génitaux et de la fonction de reproduction. Le jeune garçon ou la jeune fille connaît alors une rapide poussée de croissance. Cette phase du développement de l’individu étant très importante, la société se doit de bien encadrer ses adolescents qui peuvent facilement prendre de mauvaises habitudes et perturber l’harmonie sociale de la communauté. C’est pourquoi un lent travail d’éducation est entrepris par toute la communauté pour accompagner ces jeunes et les initier à la vie sociale. Cette éducation est couronnée par le mariage. SUITE