Le Centre Sénoufo continue de s’affirmer comme un lieu de recherche et de revalorisation des pans de la culture autochtone en voie de disparition. Cette année, le Centre se penche davantage sur les rites agraires en lien avec le symbole emblématique du Mali, le Ciwara.

Pour cette cause, l’équipe de recherche du Centre composée de Messieurs l’abbé Edouard Coulibaly, Yaya E. Bamba, Madou Diakité et le père Bruno Ssennyondo a parcouru des villages de Sikasso et ses alentours, les régions de Ségou et le district de Bamako pour recueillir les données historiques et culturelles auprès des personnes ressources de toutes catégories. Le Centre reste très reconnaissant envers toutes ces personnes qui le font confiance et acceptent de lui confier leurs connaissances précieuses.

En effet, plus on se met à la recherche de ce genre, plus on se rend compte du vide et manque grandissants chez l’homme d’aujourd’hui sur plusieurs sujets que l’homme d’hier maitrisait facilement. D’où l’importance de se jeter dans le bain le plutôt possible avant que les derniers dépositaires de ces connaissances ne disparaissent.

Fidèle à sa mission du dialogue interreligieux et interculturel, pour la troisième année consécutive, l’Institut de Formation Islamo-Chrétienne (IFIC) de Bamako a effectué un voyage d’étude à Sikasso, la 3e région du Mali. Cette équipe pluridisciplinaire était composée de 12 personnes (dont deux professeurs), venues de différents pays, notamment, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigeria, la République Centre-Africaine et l’Italie. Au cours de leur séjour qui a duré cinq jours, plusieurs activités ont été menées. Dans le but d’une connaissance mutuelle, des rencontres d’échange avec les différentes communautés religieuses de Sikasso ont organisées.

Nous signalons tout particulièrement les rencontres avec les responsables de :

- L’Antenne Régionale du Haut-Conseil Islamique de Sikasso,

- La Grande mosquée de Fama 

- Les Responsables de la Communauté Evangélique protestante de Sikasso, 

- L’Evêché de Sikasso, chez Monseigneur Jean-Baptiste Tiama, 

- Le Presbytère de la Paroisse Catholique (Cathédrale) de Sikasso, 

Il était aussi question d’approfondir la connaissance de la religion traditionnelle africaine (RTA). C’est dans ce cadre que l’IFIC a bénéficié de : 

- L’exposé sur un pan de la tradition orale africaine en l’occurrence les contes et les devinettes. 

- La visite du Vestibule des Traoré, pour y rencontre les notables coutumiers 

- La Visite du musée du Centre Culturel Sénoufo (CRSPCS). 

Le séjour de l’IFIC au Centre Culturel Sénoufo comprenait aussi un temps de détente et de découvertes de Sikasso et ses alentours. Ici, nous retenons surtout : 

- Exposés sur l’Histoire du royaume du Kénédougou et sa capitale de Sikasso, 

- La visite de courtoisie des notables politiques à la Mairie Urbaine de Sikasso, 

- La visite du Palais de Kèlètigui, Général de guerre de Tiéba roi de Sikasso, 

- La visite aux chutes de Woroni à 60 kms de Sikasso, et 

- Les visites à d’autres sites touristiques comme les portes du Soudan, les monuments de deux assaillants : Samory Touré et Nankafali, son général de guerre. 

L’Équipe de l’IFIC est retournée à Bamako, satisfaite de son séjour à Sikasso, et plus particulièrement frappée par l’esprit fraternel avec lequel les différents groupes religieux, coutumiers et politiques les ont reçus. C’était des rencontres nourries par des attitudes sans lesquelles le dialogue interreligieux ne peut être porteur de fruits, à savoir l’ouverture et la franchisse des interlocuteurs. 

Nous disons merci à l’IFIC non seulement pour son intérêt et engagement pour l’entente entre tous les croyants, mais aussi pour la confiance faite au Centre Sénoufo de Sikasso. Merci aussi à l’équipe du Centre Sénoufo et ses collaborateurs qui n’ont ménagé aucun effort pour assurer un agréable séjour à nos fidèles partenaires. 

Le mois de janvier 2018 sera consacré aux animations culturelles en deux pays voisins: la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le Centre Senoufo accompagné d’une troupe théâtrale dénommée ‘Miiriya’ (en image - au cours d’une répétition) qui est composée des élèves se rendront à Korhogo et à Bobo Dioulasso pour un échange culturel avec la jeunesse des pays hôtes sur l’immigration et les mécanismes traditionnels de prévention et règlements des conflits.

Les étapes de la vie humaine en milieu Sénoufo.

IV – La mort

Dans le milieu sénoufo, la mort est l’ultime étape qui introduit l’homme dans la vraie vie : la vie de l’au-delà qui se passe avec les ancêtres. Le monde de l’au-delà n’est pas localisé avec précision ; ni au ciel qui est la demeure de Dieu, ni sur terre qui est l’espace pour les vivants mortels, ni sous terre qui est le lieu où reposent les morts. L’au-delà est simplement un monde tout autre différent du nôtre mais en interrelation avec celui-ci. Et c’est pour exprimer à la fois cette différence et cette interrelation que le sénoufo conçoit les choses de l’au-delà comme l’envers des choses d’ici-bas : les vivants marchent par l’avant et les morts par l’arrière ; les vivants parlent par la bouche et les morts par le nez ; pour mimer la vie d’un défunt, on porte ses habits à l’envers etc. Le sénoufo reste fasciné par ce monde dans lequel il est appelé à vivre ; toute sa vie est orientée vers le passage pour l’autre monde qui s’opère dans la mort et qui se réalise par les funérailles. SUITE

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III – Le mariage

A – Les formes de mariage. Le mariage chez les sénoufo comme dans bien d’autres sociétés a plusieurs formes. Nous pouvons en distinguer 5 : la mise à part, le mariage honorifique, le mariage par amitié, le rapt et le lévirat.

1 – La mise à part.

Cette forme de mariage consiste à se réserver une fille dès son jeune âge ou même avant sa naissance. Le terme est pôrô et signifie apprivoiser, élever. Cela est différent des fiançailles car bien souvent le futur mari est indéterminé. Le chef de famille réserve la fille sans savoir à qui elle est destinée. Quand elle sera grande, il voit parmi ses enfants qui a besoin de se marier ou qui doit être marié. Il est à noter que dans le milieu sénoufo, c’est un devoir pour le père que de trouver une femme pour son fils. SUITE

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II – La puberté

La puberté, qui est l’ensemble des transformations physiques et psy- chiques, se caractérise chez le jeune sénoufo comme chez tout autre jeune, par une maturation des organes génitaux et de la fonction de reproduction. Le jeune garçon ou la jeune fille connaît alors une rapide poussée de croissance. Cette phase du développement de l’individu étant très importante, la société se doit de bien encadrer ses adolescents qui peuvent facilement prendre de mauvaises habitudes et perturber l’harmonie sociale de la communauté. C’est pourquoi un lent travail d’éducation est entrepris par toute la communauté pour accompagner ces jeunes et les initier à la vie sociale. Cette éducation est couronnée par le mariage. SUITE

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I Naissance et croissance

La grossesse. Soucieux d’assurer la pérennité du groupe, le sénoufo est fortement ouvert à la procréation ; voilà pourquoi le célibat n’est pas admis dans cette société. Tout est mis en œuvre pour concevoir et enfanter. La première richesse est d’abord la fécondité qui assure une descendance nombreuse. SUITE